Etre autonome et fonctionnaire aujourdh'ui, c est un combat singulier, au quotidien, une remise en cause journalière, mais qu'elle liberté. Libres ensemble mais autonome.
UNE PREMIERE :
le 12 ème Comité Interministériel Français sur l’Europe.
Sur la chaine LCP le 6 novembre 06.
Un exercice de style réussi.
Bonjour à toutes et tous,
Faisant suite à la rupture énergétique en électricité dans la nuit de vendredi à samedi dernier, le gouvernement a décidé d’innover et de faire rentrer les caméras dans la salle de Conseil à Matignon. Etaient présents, le Premier Ministre et 9 ministres.
Egalement, cet exercice était un bon moyen de contrer certain(e) prétendant(e) au poste de candidat(e) à la République. Ceux qui suivent l’actualité, sauront de ce dont je parle : la démocratie participative.
Bref, premier conseil très instructif, très bien structuré, trop bien peut être, mais tellement instructif sur la manière dont se joue les grandes décisions au plus haut niveau.
Lors de ce conseil de grandes problématiques ont été abordées : l’indépendance énergétique, la directive services et ses implications : le dumping du moins disant social.
Les propos étaient de qualité, les messages clairs et précis, l’analyse simple, bref une énumération, un exposé sur les cotés positifs et négatifs des possibilités de prises de décision et de négociations en cours.
On a bien vu surtout de la difficulté d’aborder un sujet simple comme celui de la protection sociale des salariés européens et des fameuses dérogations exceptionnelles accordées en 1993 à Md Thatcher, sans parler du principe de subsidiarité qui continuera de jouer.
Mon opinion sur les grands dossiers qui ont été abordés :
Sur l’indépendance énergétique, on se rend compte qu’il convient aujourd’hui de faire le constat de notre dépendance et des accords, des négociations avec les partenaires commerciaux énergétiques. Force est de constater que les choses ne sont pas simples.
Même si la position de la France n’est pas catastrophique, il convient de s’en préoccuper et de contractualiser des accords sur du long terme et comprendre que les énergies sont épuisables et que chaque citoyen devra obligatoirement réduire sa consommation d’énergie dans l’avenir proche.
Sur la directive européenne des Services, notamment l’article 137 , la position de la France est claire, obtenir à minima 48 H par semaine maximal de travail dans toute l’Europe, mais annualisé.(sachant que chez nous, en France, certaines professions sont obligées d’être organisées en service 24h/24h avec des pointes à 70 h/semaine pour les démineurs, 125h/semaine pour les pilotes de canadairs, etc…)
Une précision toutefois, se pose le problème des heures ou les salariés sont sous le lien de subordination (astreintes, gardes de nuit, etc.…), la position de la France est de ne pas céder à une mesure sociale qui reconnaîtrait les heures de mises à disposition.
L’explication en a été donné, elle est avant tout économique, et plus grave structurelle.
Si les pompiers, les équipes hospitalières, les services de gardes des personnes âgées, devaient être payées à 100 % en astreintes comme en temps réel effectif de travail, cela désorganiserait entièrement le système de protection civile, du système de santé, et des services auprès des personnes âgées. Recrutement difficile et prohibitif, coût exorbitant, etc.…
Les dérogations exceptionnelles permettent à certains pays de faire du dumping social, leurs coûts étant réduits par rapport au pays européen voisin, il est plus facile d’attirer les investisseurs qui délocalisent pour accroître leurs profits financiers.
Mettre fin à ces disparités et créer une uniformité des systèmes de protection sociale et de réglementation du travail dans tous les pays européens afin d’obtenir le même coût du travail en Europe est elle une utopie sociale ?
Et puis même, les délocalisations ne se feront elles pas ailleurs vers les pays orientaux, comme c’est déjà le cas dans le textile. ?
Surtout que tout le monde est d’accord, mais tout le monde par artifices ou subventions déguisées essaient de préserver un tissu social actif et ses entreprises nationales. Ex : l’Allemagne avec Siemens.
Comment en France expliquer l’attitude de Jean Paul Huchon sur le contrat des transports en Ile de France accordé à Bombardier entreprise Canadienne.?.
L’Europe aide beaucoup également en subventionnant, l’Espagne et le Portugal et d’autres pays européen ont su faire.
On le voit, c’est pas si simple. Pas si simple d’expliquer en terme clair que les Français vivent dans une société libre ou vivre en France est un luxe : sécurité sociale, retraite, rmi, soins, etc.…et que cela à un coût.
Que l’explication donnée par un ministre, sur la perception des Français d’une perte du pouvoir d’achat , résulte non pas de la baisse du pouvoir d’achat mais du coût du travail. Si j’ai bien tout compris. Et que ledit ministre apportera la preuve de ces dires prochainement dans la Presse.
Ce qu’il faut retenir, c’est le choix du gouvernement d’essayer d’obtenir, c’est pas sûr, une clause de rendez vous ou couperet pour mettre fin à cette période dérogatoire de 10 ans accordée en 1993 et qui se poursuit . Le parlement européen y est favorable, mais il n’est que co législateur dans cette affaire.
Voilà en quelques mots, ce que j’ai retenu de cette mise en scène courageuse qui va dans le bons sens, sauf que, lorsqu’on connaît les arguments de son partenaire, il est plus facile de les contrer. Certes, tout n’est pas dit devant les caméras, mais cet exercice pédagogique de démocratie participative nous a montré la difficulté, non pas de faire un constat, mais de faire des propositions et des choix qui font nécessairement des mécontents.
Les pompiers qui actuellement revendiquent le bénéfice de la NBI et du statut de métier pénible, ne vont ils pas être suivi par les hospitaliers, les personnels de services aux personnes âgées.
La vie est tellement difficile que même avec la vocation, l’amour du métier, la passion du don de soi on aspire à un peu plus de reconnaissance, et cette dernière se traduit réellement lorsqu’elle à un prix sonnant et trébuchant. Le problème est qui va payer. ?
Travailler plus ou abandonner notre protection sociale généralisée, en est on vraiment à ce point ?. C'est une autre histoire.
A méditer. Voilà pour aujourd’hui.